L’abeille est un animal fascinant à plus d’un titre.

 

Albert Einstein aurait dit :

Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre.

Voici un bref aperçu de ce qu’est une ruche, les produits naturels que l’abeille fabrique et surtout son rôle dans nos cultures.

Partout dans le monde, l’abeille est menacée de disparaitre.

Pesticides variés, agriculture intensive, syndrome d’effondrement des colonies, varoa destructor, nosema apis, nosema ceranae, frelon asiatique, loque américaine, OGM, loque européenne, fausse teigne, hybridation des espéces… et bien d’autres, sont une partie des fléaux causant la disparition des abeilles en France et dans le monde.

L’abeille, un agent au service de la biodiversité.

De tous temps, l’abeille a fasciné l’homme. Son modèle social incroyablement complexe et sa faculté d’adaptation à son milieu et à travers les âges a inspiré bon nombre de scientifiques, poètes, artistes etc.

Son rôle majeur dans la pollinisation des cultures et fleurs sauvages en fait un élément indispensable à notre survie.

De plus en plus utilisées en médecine et sur nos tables, les denrées qu’elle produit sont autant de bienfaits pour la santé.

Il existe actuellement neuf espèces d’abeilles domesticables, dont les quatre sous-espèces d’apis mellifera exploitées en Europe et Amérique pour leur productivité.

La ruche

Une ruche se compose d’environ 40 000 à 60 000 abeilles ouvrières, d’une reine et de zéro à quelques centaines de mâles en fonction des saisons.

La reine :

La reine est fécondée par plusieurs mâles une seule fois au début de sa vie. Elle passera le reste de son existence à pondre et à maintenir la colonie, notamment par le dégagement de différentes phéromones.

Au printemps, une reine est capable de pondre près de 2 000 œufs par jour !

De taille nettement plus importante qu’une ouvrière, la reine en est pourtant issue des mêmes œufs. C’est lors du nourrissement de la larve par de la gelée royale que se développe une sorte de « super abeille » capable de se faire féconder et régner sur la colonie. Pour se faire, et en fonction des besoins immédiats de la ruche, celle-ci va diffuser différents types de phéromones que les abeilles vont interpréter comme un ordre donné.

Bien qu’une reine ait la capacité de vivre environ 5 ans, il est aujourd’hui difficile de garder une reine en ponte plus de 2 ans sans voir sa descendance péricliter, en raison des nombreux facteurs de mortalité actuellement rencontrés.

Les mâles :

Nommés souvent « faux-bourdons », leur principal rôle est d’avoir l’opportunité de féconder une reine. De taille plus importante que l’ouvrière, le mâle n’est pourtant pas facile à observer en raison de son vol assez élevé aux alentours de 10m de haut.

Lors de la fécondation, les mâles perdent leurs organes génitaux au profit de la reine et meurent.

D’une durée de vie moyenne de 50 à 55 jours, il est fréquent, surtout à la fin de l’été, qu’ils se fassent chasser ou tuer par les ouvrières si la ruche n’a plus les ressources suffisantes pour les assumer.

Lorsqu’ils sont mâtures, ils se regroupent en « congrégation » de plusieurs dizaines d’individus, à l’affût de la moindre odeur de reine féconde.

Les ouvrières :

Leur langage corporel est si élaboré qu’elles arrivent à communiquer aux autres ouvrières, le lieu, la quantité et la qualité des ressources présentes à plusieurs kilomètres de la ruche.

Les ouvrière suivront plusieurs phases évolutives dans leur morphologie et dans leur rôle au sein de la colonie.

Nées nourrices, ce sont elles qui vont fabriquer la gelée royale. Âgées de 10 jours, elles deviendront architectes et maçonnes en fabriquant les alvéoles de cire. Une semaine plus tard, elles se verront mutées à la récolte ainsi qu’à la défense de la ruche.

C’est après 25 jours d’un dur labeur qu’elles s’éteindront le plus souvent loin de la ruche dans un souci de protection sanitaire de la colonie.

Les Produits de la Ruche

Récoltés depuis toujours, les produits de la ruche n’ont cessé d’être prisés tant pour leur qualité gustative que pour leur potentiel thérapeutique.

Miel, gelée royale, propolis, pollen, venin sont tous des produits aux vertus différentes et complémentaires, au service d’une prévention pour la santé.

Le miel :

Fruit de la récolte du nectar des fleurs par les abeilles, il a toujours été le seul moyen de sucrer. Supplanté pendant longtemps par la culture de la canne, depuis quelques temps, on le voit reconquérir nos assiettes pour notre plus grand bien.

Il est également de plus en plus utilisé en médecine, notamment comme cicatrisant.

Il existe de nombreux types de miel dépendants de ce que les abeilles ont butiné. Les plus connus et les plus prisés étant le miel de lavande, le miel de thym, le miel de châtaignier, le miel de sapin etc…

La gelée royale :

Par définition, c’est la principale source nutritionnelle de la reine. Ses richesses en font un aliment permettant aux larves un développement prodigieux. Grâce à cette alimentation, il suffit de moins de 16 jours à une reine pour naître.

A ce jour, nous ne connaissons toujours pas la composition exacte de ce produit et encore moins les moyens mis en oeuvre pour la produire.

La gelée royale est notamment utilisée pour stimuler l’appétit, diminuer la fatigue et contrôler l’émotivité.

La propolis :

Récoltée dans certaines résines des arbres et dans les bourgeons, mélangée à certaines huiles essentielles et à du pollen, les abeilles s’en servent pour boucher la moindre fissure ou interstice dans leur habitat.

La propolis détient, entre autre, des propriétés antimicrobiennes, antifongiques, antibiotiques et anti-inflammatoires. Elle maintient un environnement sain, protégeant la colonie des agressions microbiennes ou virales.

Elle est utilisée surtout contre les affections ORL.

Le pollen :

Prélevé dans les fleurs et unique source de protéines pour les abeilles, le pollen est indispensable à l’élevage des larves par les jeunes abeilles. Chaque pollen étant différent, la ruche a besoin d’une grande variété de pollen pour être en bonne santé.

Il est utilisé comme complément alimentaire par beaucoup. A titre d’exemple, 100g de pollen correspondent à 500g de boeuf ou 7 oeufs (traité Rustica de l’apiculture). Il est également employé contre les affections gastriques et/ou uro-génitales.

Une étude au microscope d’un miel permet par la présence des pollens, d’en déterminer son origine florale avec précision (romarin, lavande, rhododendron etc.).

Le venin :

La récolte du venin n’est faite que dans un but thérapeutique, soit pour désensibiliser certains sujets au venin d’abeille justement, soit dans le traitement de certaines affections rhumatismales.

Le mode de récolte peut sembler un peu sadique puisque les butineuses reçoivent, lorsqu’elles sont de retour à la ruche, un petit courant électrique les incitant à piquer une membrane récolteuse.

Seules les femelles sont pourvues de dard et sont susceptibles de piquer.

La Pollinisation

La production de miel par les abeilles est certes un bien précieux, mais loin d’être la partie la plus importante dans leur capacité à nous nourrir.

Environ 75% des cultures dépendent de la pollinisation par les abeilles.Ce qui représente la plupart des denrées alimentaires exceptées certaines céréales comme le blé ou le maïs.

Premier vecteur mondial de la production agricole, les abeilles pollinisent 80% des fruits et légumes dans le monde, production qui disparaîtrait avec elles bien entendu, mais pas seulement. Plus de 80% des espèces de plantes à fleurs dépendent de la pollinisation par les abeilles.

Les abeilles domestiques ou sauvages sont donc totalement indispensables à la survie de presque toutes les espèces terrestres.

Il existe une région en chine où les abeilles ont totalement disparu. Les agriculteurs locaux sont obligés de polliniser manuellement les fleurs une par une afin d’obtenir une production.