La disparition des abeilles

Le déclin des abeilles, phénomène mondial, mobilise des chercheurs de toutes nationalités. Il pourrait avoir des conséquences très graves : la disparition des insectes pollinisateurs serait un désastre écologique menaçant l’agriculture et une grande partie de nos ressources alimentaires.

Quelques chiffres sur la mortalité des abeilles

Depuis 6 ans, en Europe et aux États-Unis, les apiculteurs ont perdu jusqu’à 80 % de leurs cheptels.

En France, en l’espace d’une décennie, 1 500 apiculteurs ont dû renoncer à leur activité.

Un signe anonciateur de la disparition des abeilles, on les retrouvent mortes, intoxiquées par les pesticides

Abeilles mortes sur une planche

En 2007, le taux de ruches abandonnées par les abeilles atteignait 80 % dans les régions les plus touchées. L’abeille a même totalement disparu dans une région de chine.

En Europe, de nombreux pays ont annoncé des pertes importantes dès l’an 2000. Dans les ruchers les plus touchés, jusqu’à 90 % des abeilles sont supposées mortes, car non rentrées à la ruche.

 

 

Les contraintes apicoles actuelles

Les pratiques apicoles ont beaucoup évolué, s’intensifiant pour répondre aux normes, au marché et à la concurrence internationale, ainsi qu’au besoin des grands ruchers de trouver de vastes surfaces de fleurs suffisamment épargnées par les pesticides. Parallèlement, la perte d’importantes populations d’abeilles domestiques et leur fragilité croissante ont forcé les apiculteurs à réagir à court terme.

 

Les pratiques apicoles actuelles sont directement liées aux contraintes auxquelles les apiculteurs sont confrontés :

 

  • Mortalité des abeilles

     

En France, entre 1995 et 2005, les apiculteurs ont perdu 400 000 ruches pour un cheptel national de 1 350 000 unités!

Certains apiculteurs se voient contraints de modifier le traitement sanitaire de leurs ruches. Ils préfèreront un traitement antibiotique plutôt que l’élimination de la ruche, ceci afin de préserver le cheptel existant. Les virus deviennent alors résistants et prolifèrent.

 

  • Baisse de nourriture adaptée pour les abeilles

L’agriculture intensive moderne s’est transformée au fil des ans en industrie de monoculture. Dans ces milieux à culture unique, les abeilles n’ont plus la diversité de pollen indispensable au maintien de leur colonie. L’apiculteur industriel, pour compenser le déclin des fleurs disponibles, fournit du sucre, de la mélasse de maïs à forte teneur en fructose. Cette mauvaise alimentation affecte leur système immunitaire et peut parfois entraîner la mort de la colonie.

La transhumance est également de plus en plus pratiquée, palliant ainsi au manque de biodiversité florale, mais également par souci de rentabilité. Ces déplacements de populations engendrent du stress chez l’abeille et les rendent a priori plus vulnérables aux parasites et aux maladies, et pourraient également diminuer leur capacité à fonctionner naturellement.

 

  • Importation de miel

Afin de faire face aux prix dérisoires de certains pseudos-miels importés d’autres continents, que l’on trouve souvent dans les supermarchés, les apiculteurs sont contraints de pousser leurs colonies à produire tout au long de l’année ou presque, ne leur laissant que peu de temps pour se reposer.

Ces pratiques ne tuent pas l’abeille directement, mais augmentent significativement les risques d’affaiblissements des colonies. Celles-ci ne sont plus suffisamment armées pour lutter efficacement contre les fléaux qu’elles rencontrent, les cheptels sont décimés.

 

  • La raréfaction des cheptels de souche locale

En dehors des agglomérations et des zones très peuplées, nous sélectionnons et travaillons l’abeille locale afin d’en préserver l’espèce. Plus nous produirons d’essaims par le biais de ce programme, mieux ce sera pour la survie de notre espèce d’abeille.

Ceci favorise la réimplantation de cette race dans son environnement. Par la suite, l’essaimage se pratique ainsi à partir d’un patrimoine génétique local.

Malheureusement, peu de programmes sérieux sont actuellement en place, et un effort solitaire n’a que peu de chances d’aboutir. Seules une prise de conscience et une initiative collective pourraient être efficaces.

 

  • La tenue des ruchers

Aujourd’hui malgré tout, certains apiculteurs s’entendent sur une pratique apicole naturelle, plus proche de la nature et des saisons et sur des techniques d’intervention raisonnées (Traitements préventifs, absence d’antibiotique,…). Dans les ruchers isolés (milieu naturel préservé), aucune autre espèce autre que celle locale n’est exploitée.