Cadre-de-couvain

Les 5 étapes de l’addiction apicole

Ça y est ? Vous vous êtes lancé ? Vous possédez votre première ruche après avoir suivi des cours d’apiculture ? Ou alors vous vous préparez à cette acquisition ? Vous rêvez d’abeilles, de belles journées où les butineuses vont et viennent dans VOTRE ruche, de miel coulant dans les pots que vous remplissez en compagnie de toute la famille ?

Alors attention, sachez qu’elles sont là. Tapies dans l’ombre, bien cachées. Attendant une légère baisse de votre vigilance pour attaquer…

Je veux parler des 5 étapes qui vous conduiront inévitablement vers une dépendance incurable. Mais les franchir avec succès n’est pas si simple.

Et non, désolé. Tout le monde n’a pas les prérequis pour prétendre à cette addiction. Cela demande beaucoup de courage et de volonté ! 😉

Le choc :

Afin de bien débuter en apiculture,  vous avez suivi un stage d’apiculture ou regardé de nombreuses vidéos sur internet afin d’apprendre l’apiculture. Vous y avez découvert des apiculteurs bras nus, souvent sans voiles manipulant leurs ruches. Vous pensiez alors qu’avec un bon équipement et des gants, vous ne risquiez absolument rien.

Et puis la vérité éclate. Malgré votre accoutrement réputé impénétrable, vous sentez une forte démangeaison au poignet ou sur la cuisse, qui en l’espace d’une seconde, se transforme en une forte douleur qui monte en puissance, monte en puissance sans jamais sembler pouvoir s’arrêter !

Mais vous étiez préparé à ça. Vous le savez, quelques piqures sont inévitables. On vous avait prévenu lors de votre formation d’apiculture. Vous vous armez de courage, prenez votre enfumoir et fumer (trop) copieusement l’intérieur de la ruche. Alors ? C’est qui le patron ?

Allez, c’est reparti ! Une fois les mains près des cadres, c’est pas 1 mais 3, 4 ou 5 dards plantés au même endroit. Les butineuses, rentrées à la ruche depuis son ouverture, commencent à attaquer en fonçant violemment sur vos vêtement et votre voile. Vous vous sentez démuni, dépassé. Vous vous êtes même surpris à fuir en courant ! Mais ça vous le direz jamais à personne. Pourvu que personne ne vous ait vu d’ailleurs. Aucun apiculteur digne de ce nom n’a jamais eu ce comportement de sa vie ! Ah non aucun! Ça jamais !  😉

Première étape vers l’addiction apicole : fumez moins !!

Vous fumez certainement trop, votre fumée est trop chaude, ou encore votre combustible agresse les abeilles. Évitez les aiguilles de pins et essayez d’ajouter du thym dans l’enfumoir si vous en avez. Vous commencez à apprendre sans le savoir.

Le déni :

« C’est pas possible. J’ai tout noté pendant mon stage ou alors j’ai suivi toutes les vidéos sur le net. J’ai tout fait comme il a dit, j’ai rien raté, ça fait 6 mois que je me suis préparé. Ça vient forcément d’un facteur extérieur que je connais pas. Ou alors, ça y est, je sais ! C’est le varroa qui s’est associé à la loque et se sont nourris de néonicotinoïdes durant une année pour transformer les abeilles en monstres sanguinaires. Faut traiter !! » (on est sur le ton léger de la plaisanterie bien entendu. Ce sont de véritables fléaux, mais que nous n’aborderons pas ici).

Du calme Johnny. Faut rien traiter du tout.

Vous venez de découvrir que tous les essaims ne se valent pas, idem pour l’apiculteur (pour le moment du moins). Vous manquez d’expérience, et votre essaim n’est probablement pas aussi doux que ce qu’on a pu vous dire lors de son achat. Ou encore, trop doux à l’achat, mais la reine ayant été remplacée rapidement par les abeilles, les caractères de douceurs de sa mère ont disparu au 1er croisement naturel.

Seconde étape vers l’addiction apicole : Ne culpabilisez pas !

Même si c’est souvent l’apiculteur qui est en cause (vous ou un autre), ces déboires font partie de votre apprentissage. Ne vous découragez pas. Devenir apiculteur ne se fait pas en un jour!

La colère, le marchandage :

Vous vous en voulez, vous en voulez à celui qui vous a enseigné (mal, pensez-vous), à celui qui vous a refourgué un mauvais essaim, du mauvais matériel etc…

A chaque visite de vos ruches, vous y allez avec appréhension. Mais l’envie est plus forte. Vous êtes sur le bon chemin.

Vous vous adressez aux abeilles, leur parlez. Au début, vous ne vous en apercevrez probablement pas.

Vous leur parlez comme si vous vous adressiez à une divinité, les implorants d’être douces et conciliantes, et qu’en échange, vous leur laisserez plus de miel, les soignerez. Vous leur promettez des cires pures, des traitements naturels etc.

Le pire, c’est que ça marche ! Un beau jour, vous réalisez : « mais attends, ça fait un moment qu’elles m’ont pas sauté dessus ! oh, quel beau cadre de couvain ! ah tiens elles commencent à rentrer du miel !  »

Ça y est, ça commence à être VOS abeilles.

Troisième étape vers l’addiction apicole : Ne rationalisez pas !

Vous trouvez un équilibre. Vous ne savez pas encore pourquoi, vous ne savez pas comment, mais vos abeilles se portent mieux. Vous savez leur parler.

D’ailleurs, vous commencez à parler très fièrement de vos protégées à qui veut bien écouter (ou ne pas écouter. C’est pas votre problème, tant que vous en parlez… )

L’acceptation :

Au moindre bruit d’ailes d’insecte, vous vous immobilisez, la truffe à l’air, tel un chien d’arrêt à la vue d’un gibier. Vous êtes envahi d’un irrésistible besoin d’identifier l’origine de ce son caractéristique.

Quand vous fermez les yeux, vous voyez des abeilles. Vous buvez une bière vous voyez une multitudes de bulles prendre la forme d’alvéoles. Partout où vous allez, vous vous dites que vous pourriez y mettre une ruche.

Attention toutefois aux excès de confiance. Vous êtes fragiles. Vous n’êtes pas encore totalement dépendant.

Quatrième étape vers l’addiction apicole : Soyez humble !

Mais par dessus tout, vous avez acquis la certitude qu’on ne peut jamais être sûr de rien en apiculture et que votre savoir sur le sujet est en perpétuelle évolution. Vous ne faites que débuter en apiculture, et ça fait partie de votre apprentissage.

La (re)construction :

Vous devenez meilleur à chaque saison. Vous avez maintenant conscience qu’il ne faut jamais avoir de certitude en apiculture. Vous maîtrisez toutes les techniques qui vous servent et limitez les manipulations à l’essentiel. Vous avez subi la plupart des soucis et problématiques rencontrés en apiculture.

Les piqures, moins fréquentes, vous font toujours aussi mal mais vous contrôlez mieux leur douleur. Vous seriez presque prêts à dire qu’avec les années, elles ne vous font plus mal. Mais vous ne le dites pas car ce serait un mensonge 😉

Cinquième et dernière étape vers l’addiction apicole : Parlez-en en groupe !

Vous éprouvez maintenant le besoin de partager votre passion, d’entrainer vos proches dans cette formidable aventure. Mieux encore, les personnes que vous côtoyez vous consultent sur les divers sujets de l’apiculture. Vous êtes leur référent.

Et au hasard d’un matin, en vous regardant dans une glace, vous y découvrez… devinez quoi ? Un apiculteur ! Un pur junkie apicole !

Sachez qu’il n’y a plus de retour possible. Vous êtes accro et vous ne vous en sortirez pas. Aucun remède connu à ce jour n’a pu en arriver à bout.

Pour aller plus loin, vous pouvez suivre les autres conseils sur le sujet :

 

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